Ave Maria, a l’Aguja de la virgem.

 

El canyon de la Buitera.

El canyon de la Buitera.

En voyant ce beau et haut canyon de la Buitera avec Enzo il nous est venu la même réflexion : il faut absolument faire des grandes voies! La première ligne qui a tapée dans l’oeil d’Enzo, c’est une cheminée de 150 mètres à priori peu équipée et d’un  rocher très médiocre… ce sera sans moi… par contre on est tombé d’accord sur l’élégante pointe, le « Aguja de la virgem », qui siège au début du canyon. Il n’y a qu’une voie dessus d’environ 130m qui date de 2001 avec comme cotation annoncée : 7b, 7b, 7a+, 7a, 8?/A1. Le topo précise également que le rocher n’est pas top du tout.  Comme il n’était pas précisé quel matos apporter on ne s’est pas surchargé et on n’a pris que des dégaines. Comme on n’est pas modestes, on s’est quand même dit qu’on allait essayer de la libérer hahahahhahahahaha!

 

L1

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Nous voilà au pied, et après six tours de pierre/feuille/ciseau j’attaque ne sachant pas bien si j’ai gagné ou perdu. Le rocher pour l’instant est à peu près correct, avec tout de même des règles de sika mais ça passe. Enzo se lance dans la suite, et après avoir survolé la fragile longueur se la colle le nez sur le relais. Je suis en tirant sur toutes les paires, les seules prises fiables…. C’est le début du carnage. Après ça, les longueurs se succèdent avec du rocher toujours plus malsain. Globalement assez peu de gros morceaux risquent de partir mais c’est dur de trouver des petits morceaux de rocher suffisamment solides pour soutenir son poids.

 

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L3, l'ambiance est là!!!

L3, l’ambiance est là!!!

 

Enzo se paye une belle fissure en plein effondrement cotée à peine 7a où je n’arrive pas à faire un mouvement… Et puis nous voilà, au pied du 8?, et c’est au tour de qui? De moi, en fait je me suis bien fait avoir. Bon ben c’est parti. Le début ça déroule, les dégaines ne sont pas trop écartées. Puis ça se corse un peu et il y a un gros gros crux. Une zone où il n’y a rien, que des prises qui cassent et la prochaine est suffisamment loin pour que je sois obligé de grimper.  Dégaine en inverse, un bon jeté de grand gibon sur un mauvais plat, un ramené no foot, je finis par poser le pied à plat ne trouvant pas une prise qui n’est pas sur le point de tomber en miettes. Je prends une dégaine et dans un féroce fermé de bras je parviens à franchir les 50 cm qui me séparent du spit. C’est de loin le mouvement le plus dur que j’ai fait en grande voie. La suite de la longueur est nettement plus facile ce qui ne m’a pas empêché de tomber avec des prises mystères. Un bon apprentissage.

L5, voilà le thème...

L5, voilà le thème…

Un petit ressaut branlant en 4 et nous voilà sur un sommet d’environ 2m², bien perché. Quelle ascension!  On se sent un peu comme des aventuriers.

Le sommet n'est pas grand.

Le sommet n’est pas grand.

 

Il ne faut manger quand on se prend en photo.

Il ne faut manger quand on se prend en photo.

 

 

Le lendemain en rencontrant l’ouvreur de la voie on apprend que c’est la première répétition. On est des aventuriers!!! (Même si on s’est ch.. dessus)
Beaucoup de pointures s’y sont frottées dans le reste de la semaine : DD Dulac, Gé Pouvreau, Steeve McClure… et à priori ça passe… en tirant aux dégaines 🙂