Rêve d’enfant

Une fois n’est pas coutume l’aventure que je vous raconte est longue. Longue dans le temps mais ne soyez pas inquiets j’ai résumé.

C’est l’histoire de la revanche d’un enfant sur une montagne.

Au Gelas, 1999?

Au Gelas, 1999?

A l’époque du temps jadis, cet enfant faisait de la montagne avec son grand frère. Ceci est relatif, son grand frère n’est alors pas encore grand.

Les deux frangins au Gelas, 1999?

Les deux frangins au Gelas, 1999?

Un jours d’été 2002, leurs parents les amènent au pied d’une montagne plus haute (et plus pointue) que celles qu’ils ont faites auparavant. Le mont Viso, 3841m. Malheureusement la tentative échoue à moins de 200m du sommet et le retour dans la tourmente fût douloureux.

Au Viso 2001.

Au Viso 2001.

Quelques années plus tard une seconde tentative est lancée. Notre héro se fait alors brillamment une entorse de la cheville en courant après un ballon sur un terrain plat deux jours avant l’assaut. Seul l’ainé accompagné de son père, atteint le sommet par une rapide ascension de l’arrête est cependant dans des conditions à faire dresser les cheveux sur la tête des alpinistes les plus téméraires.

Puis le temps passe avec d’autres montagnes dont certaines plus lointaines.

La fratrie au mt Kenya, 2002.

La fratrie au mt Kenya, 2002.

Puis beaucoup de morceaux de cailloux plus petits et raides.

L’arrêté sud de la Glière, 2002

L’arrêté sud de la Glière, 2002

Finalement notre enfant grandit. Il n’a pourtant pas oublié. Par une chaude après-midi d’août, douze ans après sa première tentative, il est de retour au pied de cette montagne.

J'ai pas pris une ride ;-)

J’ai pas pris une ride 😉

La montagne n’a pas changé, elle.

Demain on va au sommet de cette pyramide.

Demain on va au sommet de cette pyramide.

Malgré une mauvaise nuit au refuge, il se sent étonnamment bien en forme. Le sentier jusqu’au col des Sagnettes est avalé en moins d’une heure.

Vue du matin sur la pleine du Pô.

Vue du matin sur la pleine du Pô.

Cela aura été le seul moment de pleine forme : la progression se fait de plus en plus lente… La partie sommitale est  interminable. De plus le temps est compté avant que la douche quotidienne du Viso ne se déclenche.  Les pieds ne veulent plus avancer et atteignent néanmoins le sommet.

Le sommet.

Le sommet.

Le voilà enfin en haut. La dureté de l’effort a donné un goût amer au sommet. D’autant plus qu’il n’y a pas le temps de savourer. Dernier au sommet pour aujourd’hui et la mer de nuage qui l’entoure s’élève rapidement.

Au dessus des autres.

Au dessus des autres.

L’encordement pour la descente facilitera la désescalade.

C'est par là qu'on est monté...

C’est par là qu’on est monté…

Le brouillard enveloppe les alpinistes 15 minutes plus tard. En même temps qu’un solide mal de crane et la nausée viennent affaiblir notre héro. La descente va être une partie de plaisir…
Les pas de désescalade s’enchainent lentement. Le temps file et le brouillard donne l’impression que la descente est interminable. Ce n’est pas loin d’être le cas.
A 16h30 les voilà à peine sur le glacier, épuisés.

Descente ambiance.

Descente ambiance.

La descente continue, toujours plus lente.

La mère de nuage loin en bas.

La mère de nuage loin en bas.

Ce n’est qu’à 21h qu’ils arrivent finalement au refuge. Même plus la force de manger…
Douze ans d’attente pour être fatigué comme ça… j’aurais pu attendre ma revanche encore quelques années 😉

Petite parenthèse pour les amateurs de blocs : la monté au refuge en est clafie!

Welcome to Boulderland.

Welcome to Boulderland.